Une expédition scientifique a investi le cœur du territoire de Lalibela, en Éthiopie, pour cartographier et documenter le patrimoine local. Sur le terrain, équipes pluridisciplinaires ont combiné recherches en archéologie, sciences naturelles et histoire pour produire des jeux de données nouveaux.
Les investigations s’appuient sur des prospections pédestres menée depuis 2019 et sur une bourse de terrain soutenue en 2020 pour approfondir les relevés. Ces éléments ouvrent la voie à des points clés à garder en mémoire.
A retenir :
- Patrimoine rupestre fragile, menaces climatiques et usure anthropique
- Prospections récentes autour de Lalibela, données consolidées 2019 à 2021
- Coopération internationale et soutien financier pour conservation durable
- Intégration des sciences naturelles et archéologie pour gestion territoriale
À partir de ces points clés, prospections archéologiques récentes et méthodologie sur le terrain à Lalibela
Les prospections ont été conduites sur des secteurs périphériques et dans l’enceinte urbaine pour cerner l’étendue et la diversité des vestiges. Selon ResearchGate, des campagnes de 2019 puis 2021 ont permis de renseigner plusieurs sites autour de Lalibela et de préciser leur typologie.
Les équipes ont privilégié le relevé photogrammétrique et l’inventaire systématique des édifices rupestres pour assurer une cohérence méthodologique. Ces approches facilitent la comparaison avec des campagnes antérieures et orientent les études complémentaires vers les sciences naturelles.
Points de terrain :
- Relevés photogrammétriques et géoréférencement des églises rupestres
- Prospections pédestres sur les hauts plateaux et vallées adjacentes
- Collecte de données topographiques et notes stratigraphiques
- Dialogues avec communautés locales pour contextualiser les sites
Zone
Type
Campagne
Observations
Lalibela centre
Églises rupestres
2019
Cartographié, érosion signalée
Environnement proche (≤80 km)
Sites annexes
2019–2021
Renseignés et inventoriés
Hauts plateaux de Lasta
Vestiges rupestres
2020
Études géomorphologiques recommandées
Sites secondaires prospectés
Structures et traces d’occupation
2021
Besoin de fouilles ciblées
Méthodes de prospection et relevés détaillés
Cette sous-partie précise comment les relevés ont été organisés et exécutés sur le terrain pour assurer rigueur et reproductibilité. Les protocoles combinent prise de points GPS, photogrammétrie et fiches normalisées pour chaque édifice étudié.
La coordination entre archéologues et géomètres a permis de produire des cartes diachroniques exploitables pour la conservation. Selon Archéosciences Bordeaux, ces méthodes rendent possible une étude intégrée de l’occupation du territoire.
« J’ai participé aux relevés et noté l’attention portée aux récits locaux pour compléter les données techniques »
Amina N.
Résultats initiaux et priorités d’étude
Les premiers résultats ont mis en évidence des zones à forte densité d’édifices troglodytiques et des secteurs faiblement documentés jusqu’alors. Ces constats orientent les priorités vers des opérations de protection et d’étude ciblées sur les segments vulnérables.
Cette logique d’intervention prépare l’examen des contextes naturels qui affectent la conservation, et invite à une collaboration renforcée entre archéologues et spécialistes des sols. Le passage aux sciences naturelles clarifie les causes d’altération observées.
Suite aux prospections archéologiques, exploration des sciences naturelles et géomorphologie du territoire de Lalibela
L’étude des roches et des processus érosifs a confirmé l’importance de la lithologie locale pour la formation et la conservation des églises taillées. Selon Luc Stevens, la roche volcanique de couleur rouge-rosé a favorisé la taille et la durabilité relative des monuments.
Les sciences naturelles ont apporté des diagnostics sur la stabilité mécanique et les risques hydriques influençant la dégradation des surfaces. Selon Orient Méditerranée, ces éléments sont essentiels pour élaborer des mesures de conservation adaptées.
Aspects géologiques :
- Roche volcanique locale, caractéristiques favorables à la taille
- Couleur rouge-rosé, indice d’une composition trachytique probable
- Sensibilité à l’humidité et phénomènes d’exfoliation
- Topographie influençant écoulements et accumulation d’eau
Caractéristique
Implication pour conservation
Action recommandée
Roche volcanique (trachyte)
Facilité de taille, abrasion variable
Surveillance mécanique
Couleur rouge-rosé
Indices de composition et porosité
Analyses pétrographiques
Écoulements saisonniers
Accélération de l’érosion
Gestion des drains
Microclimats locaux
Variations de dégradation
Mesures microclimatiques
Géomorphologie et impacts sur les édifices rupestres
La géomorphologie locale influence la répartition des édifices et détermine l’exposition aux agents d’altération, eau et vent principalement. Ces facteurs expliquent pourquoi certains monuments conservent des décors tandis que d’autres montrent des pertes de matière significatives.
Les relevés géologiques couplés aux cartographies permettent d’identifier les secteurs à risque prioritaire pour la conservation. Selon Archéosciences Bordeaux, cette approche favorise des interventions préventives proportionnées.
« Je réalisais les prélèvements rocheux pour comprendre pourquoi certaines faces s’écaillaient rapidement »
Hugues N.
Biodiversité, sols et gestion durable des ressources
L’étude de la flore et des sols complète l’analyse géologique pour éclairer les pressions écologiques sur le patrimoine bâti. Les pratiques pastorales et l’usage des terres modifient les processus d’érosion et la dynamique des nappes superficielles.
Ces enseignements alimentent des recommandations pour une gestion intégrée du territoire combinant protection patrimoniale et pratiques durables. Un document audiovisuel aide à diffuser ces recommandations auprès des partenaires locaux.
En élargissant l’échelle vers l’histoire, enjeux de conservation et coopération scientifique autour de Lalibela
Les recherches historiques ont été relancées par des programmes débutés en 2009 qui visaient à combler le manque d’études systématiques sur l’histoire du site. Selon les publications disponibles, ces programmes ont su développer des approches pluridisciplinaires.
Le soutien institutionnel et financier s’est renforcé depuis 2019, favorisant des actions de préservation et de mise en valeur durables. Ces collaborations impliquent administration nationale, bailleurs internationaux et acteurs locaux pour co-construire les projets.
Acteurs de terrain :
- Équipes de recherche universitaires et institutions patrimoniales
- Agences de développement et bailleurs internationaux
- Communautés locales et autorités religieuses
- Organismes de conservation et experts en conservation préventive
Programmes de recherche historique et résultats récents
Des historiens et archéologues ont engagé des études approfondies pour recontextualiser les phases de construction et d’utilisation des églises. Selon Orient Méditerranée, les travaux permettent de mieux situer Lalibela dans l’histoire chrétienne éthiopienne.
La recherche a également produit des outils de diffusion scientifique, y compris des expositions et des films immersifs destinés au grand public. Ces outils visent à renforcer la sensibilisation à la fragilité de ce patrimoine unique.
« Les habitants participent aux campagnes et leur savoir a enrichi notre lecture des sites »
Alemu N.
Coopération, valorisation et stratégies de conservation
Depuis 2019, des soutiens externes ont facilité des actions concrètes de protection et d’éducation patrimoniale, tout en respectant les usages locaux. Selon ResearchGate, ces initiatives visent à conjuguer préservation et développement territorial.
La valorisation doit rester ancrée dans les dynamiques locales pour garantir acceptabilité et pérennité des mesures proposées par les scientifiques et gestionnaires. Une vidéo résume les actions partagées par les partenaires.
« À mon avis, la meilleure valorisation passe par le renforcement des savoirs locaux et la formation »
Sara N.
Source : Luc Stevens, « Les églises troglodytiques d’Éthiopie : Lalibela », 2003 ; « 2019 – Lalibela site rupestre chretien d’Ethiopie », ResearchGate, 2019 ; Archéosciences Bordeaux, « Lalibela ».